Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble neurodéveloppemental qui impacte l’attention, la gestion des impulsions et l’organisation. Contrairement à certaines idées reçues, il ne se limite pas seulement aux enfants : de nombreux adultes vivent avec cette condition, souvent sans en avoir conscience pendant de longues années.
Au quotidien, le TDAH peut rendre difficiles des tâches qui semblent simples : maintenir une attention prolongée, gérer efficacement son temps, établir des priorités ou éviter les distractions. Par conséquent, des commentaires en apparence innocents peuvent être perçus comme des jugements ou une minimisation d’une réalité souvent éprouvante.
“Tout le monde a un peu de TDAH”
Cette affirmation émane souvent d’une intention bienveillante : désamorcer la peur, se rapprocher des expériences d’autrui. Toutefois, pour quelqu’un concerné, cela peut avoir un effet néfaste ! Bien que tout le monde puisse faire preuve de distraction ou de désorganisation occasionnellement, le TDAH ne se résume pas à une simple tendance à l’inattention. Dire que « tout le monde est un peu TDAH » revient à banaliser des difficultés bien réelles, qui peuvent être épuisantes et handicapantes.
“Qui n’a jamais interrompu quelqu’un ou égaré ses clés ? Il est faux de considérer ces situations isolément et de se diagnostiquer TDAH. Ce trouble présente une complexité bien plus grandes. Ce sont souvent des signes récurrents qui doivent alerter et inciter à un diagnostic,” explique Pascal Anger, psychologue.
Une étude menée à l’échelle européenne sur plus de 600 adultes atteints de TDAH souligne que leurs difficultés se révèlent nettement plus importantes que celles du reste de la population dans divers domaines, notamment au travail, dans les relations sociales, dans la gestion des émotions, ainsi que dans l’organisation et la planification, et même sur le plan financier.
“Il suffit de se concentrer”
C’est probablement l’une des phrases les plus déconcertantes pour une personne atteinte de TDAH. Cela sous-entend que la concentration n’est qu’une question de motivation.
Cependant, les circuits cérébraux liés à l’attention et à la régulation des efforts fonctionnent différemment dans le TDAH. La difficulté à se concentrer ne provient pas d’un manque d’intérêt ou de rigueur. Demander à une personne de “simplement se concentrer” est comparable à dire à quelqu’un qui est myope de “mieux voir”. Peu délicat, n’est-ce pas ?
“Tu passes trop de temps devant les écrans”
À première vue, cette remarque paraît pertinente. Les écrans sont souvent tenus responsables des problèmes de concentration, et il est vrai qu’ils captivent beaucoup l’attention. Néanmoins, réduire les défis rencontrés par une personne atteinte de TDAH à une utilisation excessive des appareils numériques ne tient pas compte du véritable problème.
Bien souvent, les écrans représentent plus une conséquence qu’une cause. Les contenus rapides, stimulants et interactifs coïncident avec le type de stimulation que le cerveau d’une personne TDAH recherche naturellement. Ce n’est pas une question de simple volonté ou d’habitude ; il s’agit essentiellement de la régulation de l’attention. « Concernant les jeunes, il est crucial que les parents établissent des limites concernant le temps d’écran, car une surexposition peut causer des dépendances ainsi qu’une aggravation du TDAH. En règle générale, il ne s’agit pas d’interdire les écrans, mais d’en faire une utilisation plus saine« , recommande un professionnel de la santé mentale.

