L’autocritique peut avoir des bienfaits lorsqu’elle nous incite à franchir des limites et à avancer vers nos objectifs. Cependant, il est crucial de distinguer l’autocritique constructive d’une forme de dévalorisation persistante de soi. Alors que la première favorise notre développement personnel, la seconde peut avoir un impact négatif sur notre bien-être.
Selon Allison Kelly, psychologue, « les personnes ayant une forte autocritique ressentent moins d’émotions positives et plus d’émotions négatives au quotidien. Elles sont plus à risque de dépression et peuvent développer d’autres troubles psychologiques, comme les troubles alimentaires et l’anxiété, souvent en évitant les problèmes au lieu d’y faire face, ce qui les pousse à s’isoler plutôt qu’à rechercher du soutien. » Cette observation met en lumière l’importance de gérer notre dialogue intérieur.
Les indicateurs d’une dévalorisation excessive
Allison Kelly explique que « l’autocritique est la tendance à se juger sévèrement. Ces individus sont constamment en quête d’évaluation de leurs performances dans divers aspects de leur vie. » Cette focalisation sur le rendement les rend particulièrement vulnérables à la peur de l’échec et du rejet. En outre, elles peuvent avoir du mal à établir des liens profonds, privilégiant souvent les résultats aux interactions sociales authentiques.
Ce schéma d’autocritique peut découler des influences environnementales de notre jeunesse. « Par exemple, les enfants élevés par des parents autoritaires et peu affectueux développent une autocritique plus marquée à l’âge adulte, » souligne la psychologue. De même, les personnes ayant subi des abus tendent à se critiquer beaucoup plus que celles qui n’ont pas vécu de telles expériences.
Quatre stratégies pour atténuer l’autocritique
Reconnaître notre tendance à l’autocritique peut être un premier pas, mais il se peut que ce reflexe soit devenu tellement ancré qu’il semble difficile à changer. Comprendre que cette autocritique provient d’une nécessité peut aussi nous aider à éviter de nous sentir coupables. « Il est essentiel de réaliser que notre autocritique a probablement eu un but dans notre existence. Nous devons donc éviter de nous auto-flageller lorsque nous pratiquons cette autocritique », recommande Allison Kelly.
Nawal Mustafa, neuropsychologue, propose sur Instagram quatre habitudes pour contrer ces comportements négatifs :
- Examinez votre discours intérieur négatif : Prenez conscience des moments où vous pensez ne pas être à la hauteur. Demandez-vous qui a formulé ces jugements et remettez-les en question pour reprendre la maîtrise.
- Cultivez l’auto-compassion : « Faire des erreurs est humain et c’est normal, » rassure l’experte. « Ce n’est pas l’échec qui pose problème, mais la tendance à se maltraiter ensuite. »
- Acceptez l’imperfection : « Personne n’a toutes les réponses, » rappelle Nawal Mustafa. Les réussites ne sont pas synonymes de perfection. Ce sont souvent ceux qui continuent à avancer malgré les obstacles qui réussissent. Vos imperfections ne vous bloquent pas, ce sont vos craintes qui font obstacle.
- Focalisez-vous sur la validation interne : « Ne restez pas en attente de l’approbation d’autrui. Plutôt, interrogez-vous : Qu’est-ce qui m’a rendue fière aujourd’hui ? Mes actions sont-elles en accord avec mes principes ? »

