Pourquoi Consulter un Psychanalyste Peut Changer Votre Vie

Lors d’une récente intervention sur le plateau de *Quotidien*, Jean Dujardin a partagé une pensée révélatrice : « Je devrais peut-être consulter un psychanalyste. » Cette déclaration met en lumière une angoisse partagée par beaucoup : la crainte de disparaître aux yeux des autres.

Répondant à Yann Barthès, qui a évoqué : « Jean, quand tu es dans un dîner ennuyant, tu te sens tout petit ? J’ai lu cela quelque part », l’acteur primé aux Oscars a répondu : « Honnêtement, consulter un psychanalyste ne serait pas une mauvaise idée. Oui, il m’arrive de penser à ma survie lors de ces dîners, à l’endroit où je vais dormir, à mon repas. Je me demande comment je pourrais construire une petite cabane au milieu des miettes. » Ce témoignage résonne avec une angoisse largement répandue : la peur de s’effacer socialement, une appréhension souvent ancrée dès l’enfance.

<h2>Jean Dujardin et la peur de s'effacer socialement</h2> 
<p>Ceque Jean Dujardin exprime à travers des images poétiques est une véritable angoisse d'effacement : <strong>la peur de ne plus avoir de place dans la société</strong>. Il raconte : « Cela remonte à longtemps. Enfant, je croisais souvent des personnes sans-abri et je me suis intéressé à leur situation. Mes parents me disaient de ne pas les approcher, mais j'avais besoin de savoir comment ils arrivaient à survivre. Ils m'expliquaient: 'Regarde, ici je fais un lit en carton, et ça, c'est mon repas.’ » C'est à ce moment que le concept de « rétrécissement » prend tout son sens.</p> <!-- native -->   
<p>Il poursuit : « Ce qui me frappait, c’est que ces personnes, invisibles socialement, avaient tendance à s'effacer complètement. Elles “rétrécissaient” aux yeux de tous. » Et il conclut avec une réflexion d'enfant : « En accordant des interviews, je me demande souvent. Je crois que cette disparition me terrifiait dans mon enfance, l’idée de devoir survivre en grandissant. »</p> 

<h2>Un sentiment d'existence effacée</h2> 
<p>La sensation d’être “petit” est souvent liée à un manque de confiance en soi ou à de la timidité, mais elle renvoie en réalité à un sentiment plus profond : celui de son importance dans le monde. Il ne s'agit pas uniquement de penser qu'on n'est pas à la hauteur, mais plutôt de craindre de ne plus exister du tout. Cette anxiété prend souvent racine dès l'enfance.</p> <!-- native -->   
<p>Les psychologues du développement soulignent que c’est durant l’enfance que se construit notre besoin de se sentir en sécurité, c’est-à-dire la conviction d’appartenir. Une méta-analyse de Waters et Deane, publiée dans *Child Development*, montre que les adultes ayant connu des <strong>attachements sécurisants vivent moins de menaces à leur identité</strong> dans leurs relations. À l'inverse, un attachement anxieux peut susciter une peur persistante de l’effacement dès que l'on se sent délaissé.</p> 
<p>Lorsqu'un enfant ne reçoit pas d'attention, <strong>il apprend à se faire petit pour se protéger</strong>. À l'âge adulte, cette tendance perdure, réapparaissant chaque fois qu'il ressent du rejet. C’est l'idée centrale de la psychologue Mary Main lorsqu’elle aborde la théorie de l'attachement.</p> 

<h2 class="marfeel_last_h2">La théorie de l'attachement : un modèle enraciné dans l'enfance</h2> 
<p>Elaborée par John Bowlby et enrichie par Mary Ainsworth et Mary Main, la théorie de l'attachement décrit comment les relations précoces entre un enfant et ses figures parentales influencent sa capacité à se sentir en sécurité et à explorer son environnement.</p> 
<p>Ces premières expériences façonnent l'image que l'enfant se construit de lui-même et des autres : s'il est reconnu, compris et soutenu de manière consistante, il intériorise qu'il mérite attention et réconfort. À l'inverse, une parentalité distante, incohérente ou intrusive peut engendrer des mécanismes de défense comme l'évitement ou le retrait.</p> 
<p>L'enfance est donc cruciale, car c'est durant cette période que se forment les représentations affectives et relationnelles durables. Ces schémas, souvent inconscients, influencent la manière dont l'adulte gère la proximité, le rejet ou la dépendance. Si les besoins fondamentaux d'affection et de sécurité ne sont pas satisfaits, la crainte de "rétrécir" ou de disparaître symboliquement peut ressurgir, notamment lorsque le regard des autres s'éloigne.</p> 

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