Sans en avoir toujours conscience, il est possible de vivre avec un traumatisme de l’attachement. Si cette problématique reste sous-jacente et non identifiée, il devient compliqué de s’y attaquer ou de le surmonter. Ainsi, nous avons tendance à adopter des comportements que nous considérons comme normaux, sans questionner leurs origines, alors qu’ils peuvent être liés à ce traumatisme.
La première étape vers une guérison réside dans la reconnaissance de ces comportements. Si vous en avez constaté plusieurs dans votre propre vie, il peut être bénéfique de consulter un professionnel de la santé mentale. Émettre l’hypothèse que vous êtes touché par ce type de traumatisme constitue déjà un pas vers la libération de certains comportements qui ne vous appartiennent pas réellement.
Les racines du traumatisme de l’attachement
Pour mieux comprendre le traumatisme de l’attachement, il faut savoir qu’il englobe divers types de traumatismes survenant à des étapes clés du développement de l’enfant. La forme la plus fréquente est celle qui affecte le lien d’attachement. Lorsque les sentiments de sécurité, de prévisibilité et de confiance sont altérés, les conséquences peuvent être profondes. Les causes peuvent varier considérablement.
Parmi les facteurs sous-jacents, on retrouve les abus, la négligence, ainsi qu’un déficit d’attention ou de soins de la part d’un parent ou d’un proche. Les individus souffrant de traumatismes de l’attachement non résolus éprouvent souvent divers symptômes, tant physiques que psychologiques, qui impactent leur quotidien. Cela peut influencer leurs choix relationnels, souvent à leur détriment. Des signes communs, parfois difficiles à reconnaître, existent, comme l’a précisé la psychologue Annie Tanasugarn dans un article pour Psychology Today.
Les douleurs physiques chroniques
Un certain nombre de douleurs physiques inexpliquées peuvent avoir pour origine des traumatismes vécus durant l’enfance. Des études montrent un lien entre les symptômes de fibromyalgie et les séquelles de traumatismes de l’attachement, en particulier ceux liés à des violences physiques, mais pas exclusivement.
Les manifestations sont diverses : maux de tête, troubles digestifs, insomnie, douleurs musculaires, lombalgies, douleurs thoraciques et une fatigue persistante. Les expressions corporelles du traumatisme peuvent ainsi revêtir plusieurs formes.
Les manifestations psychologiques
Il est courant que les personnes ayant vécu un traumatisme de l’attachement souffrent de comportements obsessionnels, de fluctuations d’humeur, d’irritabilité, de problèmes de gestion de la colère, de dépression, d’émotivité paralysante ou d’anxiété intense à l’âge adulte.
Ces symptômes, qu’ils soient légers ou plus prononcés, se manifestent souvent ensemble et peuvent surgir de manière intermittente tout au long de la journée, les instants de tranquillité étant fréquemment interrompus par des vagues de tristesse, de colère ou d’angoisse. Les personnes affectées tendent à minimiser ces signaux ou à les rationaliser, et peuvent parfois se tourner vers des comportements addictifs pour étouffer leur douleur intérieure.
Le phénomène de l’auto-sabotage
La sensibilité émotionnelle exacerbée résultant d’un traumatisme d’attachement peut engendrer des cycles de sabotage, que ce soit envers autrui ou envers soi-même. Ces cycles s’amorcent souvent par des comportements hostiles envers les autres, un repli sur soi ou des actions impulsives, contraires à leurs objectifs, générant à leur tour des sentiments de culpabilité, de honte et de dégoût de soi.
Les personnes touchées par ces traumatismes ignorent souvent l’ampleur de leurs blessures. Sans intention consciente, elles éprouvent le besoin de « tester » ou de « contester » les liens émotionnels au sein de leur entourage, ou finissent par isoler pour se protéger de l’éventualité d’un abandon. En raison de cette impulsivité, elles font fréquemment des choix qui leur sont défavorables.
Les mécanismes d’évitement
Les comportements d’évitement sont généralement associés à l’anxiété émotionnelle, à la fuite et à un désir de contourner les souvenirs douloureux ou la souffrance. Cependant, cette stratégie d’évitement pose de sérieux problèmes. En premier lieu, elle perpétue un schéma de fuite qui empêche l’individu de traiter sainement ses douleurs passées.
De plus, avec le temps, le besoin de « distractions » pour fuir la souffrance augmente, rendant chaque fois plus difficile l’affrontement de cette dernière. Le blocage émotionnel peut se traduire par des comportements compulsifs tels que la toxicomanie, l’alcoolisme, les troubles alimentaires, ou des dépendances au sport, au travail ou aux écrans.
Un contrôle excessif
Un sentiment d’impuissance éprouvé durant l’enfance est souvent compensé par un besoin de contrôle à l’âge adulte. Beaucoup d’individus qui luttent avec des problèmes de contrôle ont effectivement connu une enfance marquée par une vulnérabilité. Ils ont pu grandir avec un parent très autoritaire, imposant des règles strictes et limitant leur autonomie.
Il se peut également qu’ils aient été négligés, devant affronter seuls leur environnement. Devenus adultes, ils cherchent alors à maîtriser tous les aspects de leur vie pour retrouver un certain ordre et apaiser leur anxiété et leurs craintes.

