3 Impacts d’un Logement Mal Chaufé sur la Santé Mentale

En plus de poser un danger pour le bien-être psychologique, un
habitat mal chauffé peut également nuire à la santé mentale. C’est ce qu’une vaste enquête menée sur 40 000 foyers a révélé, et qui a été publiée dans la revue Social Science and Medicine en octobre 2022.

Habitant dans un logement mal isolé et insuffisamment chauffé peut engendrer des conséquences défavorables pour la santé mentale. Ces situations sont souvent liées à des problématiques de précarité énergétique ou économique. Selon le baromètre annuel du Médiateur national de l’énergie, en 2021, 12 millions de Français ont ressenti le froid chez eux pendant plus de 24 heures, dont 40 % à cause d’une isolation thermique défaillante.

Des risques accrus de détresse psychologique

L’étude britannique souligne qu’un logement dont la température est inférieure à 19 degrés Celsius peut sérieusement affecter le bien-être de ses occupants. Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont analysé les données de la UK Household Longitudinal Study, englobant 40 000 foyers au Royaume-Uni, ce qui équivaut à environ 100 000 personnes. Ils révèlent que les personnes vivant dans des logements mal chauffés sont dues à deux fois plus de risques de souffrir de détresse mentale, et ce risque triple en présence d’antécédents psychiatriques.

« Les recherches montrent que ceux qui sont touchés par la précarité énergétique ont tendance à recourir à des psychotropes trois à quatre fois plus souvent que la population générale », déclare Régis Largillier, expert en santé au sein du collectif Hope, dans une interview accordée à 20minutes.

Pressions financières et stress

« Pour de nombreuses personnes, les dépenses liées au chauffage engendrent un stress considérable et une pression financière. Ne pas pouvoir chauffer adéquatement son logement diminue le sentiment de contrôle sur son environnement », expliquent les auteures du rapport. En conséquence, cela mène à une spirale de pensées récurrentes, à un stress financier et à de l’anxiété. À long terme, ces conditions peuvent même entraîner un isolement social et un repli sur soi.

Les ménages les plus défavorisés sont les plus exposés au froid et, par conséquent, aux effets néfastes, tant physiques que psychologiques. Les perspectives sont préoccupantes. Le gouvernement a souligné que le froid constitue un risque pour la santé, même dans un contexte de réchauffement climatique. Parallèlement, l’augmentation constante des prix de l’énergie, exacerbée par les tensions géopolitiques en cours, fragilise encore plus le budget des ménages modestes. Nombreux seront ceux qui devront réduire leur chauffage cet hiver, risquant ainsi d’accentuer leur mal-être et de compromettre leur santé mentale.

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