Dès notre enfance, nous avons tous cette tendance à chercher notre autonomie. Que ce soit pour manger, s’habiller, ou plus tard, prendre nos propres décisions, le désir d’indépendance est une qualité que les enfants désirent et que les parents ont souvent tendance à promouvoir.
Au fil du temps, notre vision de l’âge adulte peut parfois s’apparenter à une indépendance totale, où l’on ne dépend de personne. Cependant, cette perception peut être illusoire. En réalité, le refus systématique d’accepter l’aide d’autrui peut masquer des problèmes émotionnels sous-jacents.
Les blessures provoquant une hyper-indépendance
« Un niveau sain d’indépendance est essentiel pour naviguer dans la vie adulte. Toutefois, lorsque cette indépendance devient excessive, elle peut se traduire par des douleurs anciennes non résolues », explique Bobbi Banks, thérapeute et neuroscientifique, dans un post sur Instagram. Plusieurs indicateurs peuvent signaler que vous ou un proche manifestez une hyper-indépendance.
Une personne hyper-indépendante ressent souvent le besoin de démontrer aux autres – et à elle-même – qu’elle n’a besoin de personne. Cela se manifeste par une peur d’être perçue comme dépendante, explique Katrina Leggins, thérapeute pour Well and Good. Cette attitude peut inclure la préférence pour le travail solitaire plutôt qu’en équipe, la méfiance vis-à-vis des nouvelles relations, un perfectionnisme exacerbé, une compulsion à rester occupé, des difficultés à exprimer ses besoins, une incapacité à être vulnérable, et un manque de confiance envers les autres.
Divers traumatismes peuvent alimenter cette quête d’indépendance. Dans sa publication, Bobbi Banks a dressé une liste de sept phrases pouvant traduire la pensée sous-jacente de « Je n’ai besoin de personne » :
- « J’ai souvent été déçu par les autres. »
- « Ma confiance a été trahie. »
- « J’ai appris à me suffire à moi-même. »
- « J’ai connu le rejet et l’abandon. »
- « Aucun soutien ne m’a été offert. »
- « J’ai toujours dû être la personne forte. »
- « Les autres ne sont jamais là quand j’en ai besoin. »
Les risques de l’hyper-indépendance
Se convaincre que l’on n’a besoin de personne peut conduire à ignorer les temps où il serait bénéfique de demander de l’aide, même si cela impacte gravement notre équilibre émotionnel et psychologique, met en garde Amy Marschall, psychologue clinicienne pour Very Well Mind. L’hyper-indépendance peut sérieusement nuire aux relations interpersonnelles. En effet, ceux qui adoptent cette attitude s’interdisent souvent d’établir des connexions saines en raison de leur peur de la vulnérabilité et de l’intimité.
« Cette hyper-indépendance peut conduire à la honte, à l’isolement, et même à une estime de soi dévalorisée. Les personnes qui se montrent hyper-indépendantes risquent non seulement de s’éloigner des proches, mais également de négliger des relations importantes. Elles ressentent souvent une pression interne écrasante pour “tout gérer”, ce qui favorise l’anxiété et le perfectionnisme », ajoute Silvi Saxena, thérapeute pour Choosing Therapy.

