Anticipez votre déclin cognitif : une analyse prédictive 7 ans à l’avance

Imaginez qu’une simple analyse sanguine puisse détecter les premiers signes d’un potentiel déclin cognitif. Une nouvelle recherche, s’appuyant sur les données de l’étude Framingham relative à la santé cardiaque, avance cette hypothèse. Les scientifiques identifient certains marqueurs biologiques du vieillissement présents dans le sang, capables de prédire une baisse des fonctions cognitives jusqu’à sept ans à l’avance.

Cette étude, publiée dans la revue Aging, se concentre sur des mécanismes complexes du vieillissement cellulaire. Plus précisément, elle met en avant l’importance de l’âge épigénétique, une notion qui mesure le vieillissement biologique, distinct de l’âge chronologique inscrit sur nos documents d’identité.

L’évaluation de l’âge épigénétique

Au fil des années, l’ADN change subtilement sans que sa séquence ne soit altérée. Diverses modifications chimiques, dont la méthylation de l’ADN, se produisent progressivement. Ce processus implique l’ajout ou la suppression de groupes méthyle sur des segments spécifiques, appelés sites CpG. Ces changements impactent l’expression génétique et suivent un schéma évolutif relativement constant avec le temps.

En se basant sur ces schémas, les chercheurs ont mis au point des outils, désignés comme « horloges épigénétiques ». Leur but est d’estimer l’âge biologique d’un individu à partir d’un simple échantillon sanguin. Si cet âge biologique est supérieur à l’âge réel, cela peut indiquer un vieillissement rapide, souvent associé à des risques accrus de maladies, de perte de fonctions ou de mortalité précoce.

Analyse de près de 1 800 individus

Pour mieux comprendre la relation entre le vieillissement biologique et la cognition, les chercheurs ont étudié les données de 1 789 participants issus de l’enquête Framingham. L’âge moyen des participants était de 65 ans, avec une majorité de femmes. Chacun a bénéficié d’une évaluation de son âge épigénétique à l’aide de plusieurs horloges reconnues, ainsi que d’un indicateur précis du rythme de vieillissement biologique, le DunedinPACE.

Sept ans après cette première analyse, les participants ont passé un test neuropsychologique bien établi : celui du dessin de l’horloge numérique. Ce test simple, qui consiste à dessiner une horloge à une heure précise, évalue diverses fonctions cognitives, y compris la mémoire, les compétences visuospatiales et les fonctions exécutives.

Les chercheurs ont ensuite confronté les résultats de ces tests avec les marqueurs biologiques obtenus plusieurs années auparavant.

Une cognition altérée chez les individus avec un vieillissement épigénétique accru

Les résultats sont clairs : comme indiqué précédemment, les participants montrant un vieillissement épigénétique accéléré au départ de l’étude affichent, en moyenne, des scores inférieurs au test de l’horloge numérique sept ans plus tard. Cette tendance est particulièrement significative chez les individus plus âgés.

Parmi les différents indicateurs examinés, le DunedinPACE s’est révélé le plus étroitement lié au déclin cognitif. Certaines horloges épigénétiques, telles que Horvath et PhenoAge, ont également montré des associations pertinentes chez les participants âgés. D’autres éléments, notamment ceux issus de l’horloge GrimAge, étaient associés à des résultats cognitifs moins performants.

Pour les auteurs de l’étude, ces résultats renforcent l’idée que le vieillissement biologique général du corps est intimement lié à celui du cerveau. Ils signalent ainsi une connexion potentielle entre les mécanismes systémiques du vieillissement et la détérioration des capacités cognitives, bien avant l’apparition de symptômes cliniques.

Toutefois, les chercheurs soulignent une importante limitation de cette étude : le manque de diversité ethnique dans l’échantillon examiné. Ainsi, des recherches supplémentaires s’avèrent nécessaires pour valider ces résultats auprès de populations plus représentatives.

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