De nombreuses recherches ont démontré les effets bénéfiques de l’amitié. Il est bien établi que la présence d’amis exerce une influence positive sur notre santé physique et mentale. Ils réduisent notre stress, renforcent notre confiance en nous et nous apportent du soutien durant les périodes difficiles. Les adultes ayant des relations sociales solides présentent un taux plus faible de dépression, d’hypertension et d’obésité. Il se pourrait même que les amis contribuent à notre longévité.
Alors qu’il est clair que les amis enrichissent notre vie sous différentes formes, pour certains, ils restent un choix optionnel. Ces individus ne cherchent pas activement à se faire de nouveaux amis, car ils n’estiment pas avoir besoin de ce type de relation. « Je n’ai pas besoin d’amis », mais qu’est-ce qui motive ce sentiment ?
Les raisons qui expliquent ce désintérêt pour l’amitié
À partir d’un certain stade de la vie, particulièrement après avoir quitté l’école, établir de nouvelles amitiés devient plus complexe. Même lorsque les occasions se présentent, il peut s’agir davantage d’un manque de motivation. « Une explication possible est que vous jugez l’amitié peu significative pour votre existence », souligne Kendra Cherry, experte en réhabilitation psychosociale, dans VeryWell Mind. Une autre hypothèse est que vous tirez un soutien considérable de votre famille, réduisant ainsi le besoin d’un réseau d’amis élargi.
Peu importe la cause de votre sentiment de ne pas avoir besoin d’amis, il peut s’avérer bénéfique d’en prendre conscience. Même si personne n’impose d’avoir des amis, le fait de ne pas en désirer peut révéler des traits de votre personnalité. Par exemple, vous pourriez apprécier la solitude ou être comblé par vos relations familiales. Cependant, ce choix pourrait également masquer des blessures antérieures. « Comme avec toute relation, l’amitié s’accompagne d’attentes et d’un équilibre entre donner et recevoir. Si vous craignez de ne pas respecter ces attentes ou d’être déçu par les autres, vous pourriez choisir de rester à l’écart des amitiés pour éviter la douleur de la déception », explique Kendra Cherry. Au-delà de la peur de la déception, la crainte d’être blessé pourrait également jouer un rôle. Des expériences passées non résolues peuvent avoir laissé des marques profondes.
Entre besoin de retrait et hyper-indépendance
« Il est essentiel d’apprendre à se sentir bien seul tout en étant capable de collaborer avec autrui », affirme Daniel Marston, psychologue pour Psychology Today. Avoir des amis et entretenir des relations ne signifie pas dépendre d’eux. En revanche, refuser tout lien social ne se traduit pas nécessairement par une indépendance saine.
Ne pas ressentir le besoin d’amis, opter pour l’autonomie, ou encore éviter de s’appuyer sur autrui peuvent être des manifestations d’hyper-indépendance. Souvent le reflet d’un traumatisme, cette hyper-indépendance apparaît comme un moyen de se protéger des autres. « Elle peut provoquer un sentiment de honte, de solitude et une altération de l’estime personnelle. Les personnes hyper-indépendantes ont tendance à écarter leurs proches, négligeant ainsi des relations significatives », indique la thérapeute Silvi Saxena, pour Choosing Therapy. Elles ressentent fréquemment une pression intérieure pour tout maîtriser, ce qui accroît l’anxiété et le perfectionnisme. À long terme, ces comportements peuvent compromettre leur bien-être émotionnel.

