Nouveaux Types de TDAH : Les 3 Catégories Identifiées par les Chercheurs

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est souvent considéré comme un phénomène uniforme. Cependant, il est important de noter que les individus affectés affichent des profils très variés. Tandis que certains enfants se montrent principalement distraits, d’autres peuvent faire preuve d’impulsivité, et d’autres encore oscillent entre des émotions intenses. Jusqu’à récemment, ces distinctions reposaient largement sur l’observation clinique.

Une étude novatrice pourrait cependant bouleverser cette perspective. Des chercheurs ont examiné le cerveau de plus de 1 150 jeunes en utilisant des techniques d’imagerie cérébrale et des outils d’intelligence artificielle. Leur analyse a révélé trois types de profils neurologiques, indiquant ainsi que le TDAH n’est pas un trouble unique, mais une collection de manifestations biologiquement distinctes.

Trois profils cérébraux clairement définis

Dans un article publié dans la revue JAMA Psychiatry le 25 février 2026, les scientifiques ont exploré les interactions entre diverses zones cérébrales. Pour ce faire, ils ont appliqué une méthode dénommée « réseaux de similarité morphométrique », qui permet d’identifier les zones du cerveau partageant des caractéristiques structurelles communes.

Grâce à cette méthodologie, les chercheurs ont réussi à caractériser trois catégories d’enfants, chacune affichant une signature neuronale unique.

Le premier biotype se concentre sur les jeunes dont les circuits liés à la régulation émotionnelle présentent des perturbations significatives. Les anomalies sont particulièrement notées dans le cortex préfrontal ventromédian et l’amygdale, des régions cruciales pour la gestion des émotions. Les enfants de ce groupe montrent souvent une instabilité émotionnelle ainsi que des comportements difficiles.

Le deuxième biotype se concentre principalement sur les réseaux d’attention. Des anomalies ont été observées dans des territoires comme le cortex pariétal et des zones frontales. Pour ces enfants, le principal symptôme est l’inattention, avec des difficultés à se concentrer sur de longues périodes et à organiser des tâches difficiles.

Un troisième profil centré sur l’hyperactivité

Le dernier biotype se caractérise par des anomalies dans les circuits moteurs et ceux qui régulent l’inhibition. Les modifications touchent particulièrement les ganglions de la base et le cortex moteur supplémentaire. Dans ce groupe, l’hyperactivité et l’impulsivité sont les plus évidentes.

Ces enfants ont tendance à être constamment en mouvement, agissant souvent sans réfléchir et éprouvant des difficultés à maîtriser leurs impulsions. Selon les chercheurs, ces manifestations motrices peuvent durer plus longtemps, parfois jusqu’à l’adolescence.

Au total, plus de 400 données cérébrales ont été examinées pour chaque participant. Les scientifiques ont ensuite utilisé des algorithmes d’apprentissage automatique pour déceler des motifs récurrents dans les informations. Cela a permis de mettre en lumière ces trois groupes distincts parmi les 1 150 enfants étudiés.

Des traitements plus ciblés pour l’avenir

Cette découverte pourrait transformer l’approche du TDAH. Actuellement, le diagnostic s’appuie principalement sur des listes de symptômes visibles, ce qui entraîne la confusion parmi les patients très différents recevant le même diagnostic et le même traitement.

Des recherches cliniques indiquent qu’environ 70 % des enfants répondent positivement aux médicaments stimulants. Cependant, les médecins ne sont souvent pas en mesure d’anticiper quels patients bénéficieront réellement de ces traitements.

Les premières analyses suggèrent que chaque biotype pourrait réagir différemment aux thérapies. Par exemple, le profil axé sur l’hyperactivité semble bien répondre au méthylphénidate, un traitement fréquemment prescrit pour le TDAH. En revanche, les enfants relevant du biotype émotionnel pourraient nécessiter une approche multidimensionnelle.

À long terme, ces signatures cérébrales pourraient aider les professionnels de santé à personnaliser les traitements. L’objectif serait de pouvoir proposer le bon traitement dès le départ, évitant ainsi une série d’essais souvent longue et frustrante.

Pour l’instant, ces analyses reposent sur des techniques d’imagerie cérébrale, qui demeurent coûteuses et peu accessibles. Toutefois, les chercheurs cherchent d’ores et déjà d’autres solutions, espérant découvrir des biomarqueurs plus simples, potentiellement présents dans le sang ou les gènes.

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