Il arrive souvent que certaines pensées nous traversent l’esprit, et la logique voudrait que nous comprenions qu’il ne s’agit là que d’une interprétation possible parmi d’autres. Ce que nous observons fait souvent écho à nos expériences antérieures, à nos émotions profondes ou à nos blessures. Toutefois, ces observations ne nous autorisent pas à tirer des conclusions définitives.
Cependant, nous prenons parfois nos pensées pour des vérités. Ces schémas, souvent inconscients, sont désignés sous le terme de distorsions cognitives.
Comprendre les distorsions cognitives
« Les distorsions cognitives représentent des mécanismes mentaux qui se déclenchent sous le stress, la douleur, l’épuisement ou l’incertitude », explique Nawal Mustafa, neuropsychologue, dans une publication sur Instagram. Ces schémas automatiques sont présents chez chacun d’entre nous. Bien qu’ils visent à nous protéger, ils peuvent en réalité aggraver nos problèmes. En d’autres termes, ces distorsions sont des exagérations de nos pensées. Par exemple, au lieu de penser « J’ai eu un coup de malchance cette fois », nous en venons à la conclusion que nous sommes constamment malchanceux et que cela ne changera jamais.
Peter Grinspoon, médecin, a catégorisé plusieurs types de distorsions cognitives pour Harvard Health Publishing :
- Pensée dichotomique (tout ou rien)
- Conclusions hâtives
- Personnalisation (se sentir toujours responsable)
- Utilisation de conditionnels et d’obligations
- Filtrage mental, se focaliser sur le négatif
- Généralisation excessive
- Amplification du négatif et minimisation du positif
- Prédictions pessimistes
- Comparaisons constantes
- Catastrophisation
- Étiquetage
Nawal Mustafa souligne que « la façon dont nous percevons notre vie influence nos émotions et nos comportements. » Par exemple, si vous êtes convaincu que rien de positif ne vous arrive, vous vous sentirez démoralisé et cesserez d’essayer, même si des opportunités positives existent. D’où l’importance de reconnaître ces mécanismes afin de ne pas les laisser nous dominer.
« Ça ne marchera jamais, vaut mieux ne rien faire »
« Pour déconstruire nos distorsions cognitives, il est primordial de prendre conscience de notre manière de penser, souligne Peter Grinspoon. En adoptant une perspective plus saine, nous pouvons ressentir moins d’anxiété et d’isolement. Cela ne signifie pas ignorer nos préoccupations, mais plutôt aborder nos défis avec une attitude constructive. » Bien que chasser toutes pensées négatives ne soit pas la solution, il est crucial de prendre conscience des distorsions cognitives pour s’en distancier.
C’est pourquoi Nawal Mustafa a dressé une liste de cinq distorsions cognitives courantes auxquelles il faut prêter attention :
- « J’ai été honnête et j’ai donné de mon temps, et pourtant j’ai été rejeté. Cela signifie que je ne suis pas à la hauteur. »
- « Ça ne va pas marcher, il ne sert à rien d’essayer. »
- « Les bonnes choses ne surviennent jamais pour moi. »
- « Je ne sais pas gérer mes émotions. »
- « Je n’ai rien d’unique à offrir. »

