Comprendre le Mal-Être du Lundi Matin : Un Fléau Croissant

Avez-vous déjà entendu parler du phénomène du « scaries Sunday », ou « l’angoisse du dimanche soir » ? Ce type de malaise, validé par des études scientifiques, correspond à un blues de fin de week-end qui se manifeste surtout le dimanche.

Il s’exprime par une sensation de stress, d’angoisse et de tristesse face à la perspective du retour au travail. Mais si l’on explorait l’idée que cette appréhension n’est pas uniquement associée au lundi matin, mais qu’elle pourrait révéler des enjeux plus profonds ?

Pourquoi le lundi matin est-il si redouté ?

Selon les analyses de Christian Richomme, psychanalyste et auteur basé à Paris, le réel problème ne réside peut-être pas dans le lundi lui-même, mais plutôt dans ce qu’il met en lumière : “Chaque début de semaine est un reflet, parfois douloureux, du malaise latent qui s’installe dans notre vie pro, et parfois même au-delà. Le “syndrome du lundi matin” dépasse la simple paresse : c’est une corrélation interne, un appel discret du corps et de l’esprit. Il est essentiel d’apprendre à écouter ces signaux.”

Ce mal-être peut se manifester à travers plusieurs signes, tels qu’une fatigue persistance, un brouillard mental ou un désir de fuir ses responsabilités, qui parlent de votre état de santé physique et psychologique : “Si vous ressentez un poids dès le réveil, une angoisse à l’idée de retourner au bureau, un état d’irritabilité sans raison apparente, des soucis d’endormissement dimanche soir (le “Sunday night syndrome”), comme des insomnies, des rêves troublés ou des crispations physiques, tels que des douleurs abdominales… Cela en dit long sur un problème sous-jacent,” souligne le spécialiste.

“Le lundi matin ne devrait pas être un fardeau”

Étonnamment, ces signaux d’alarme ne doivent pas être ignorés : “Ils signalent un décalage intérieur, rappelle Richomme, vous n’êtes plus en phase avec votre quotidien professionnel.” Des motivations s’estompent, et un climat relationnel néfaste s’installe : “Le lundi se transforme alors en une confrontation implacable à un milieu qui fait mal, où l’on se sent marginalisé, jugé ou sous-estimé.”

Une surcharge émotionnelle peut se manifester par un stress chronique, un surmenage mental ou un manque de reconnaissance : “Le réservoir émotionnel étant vide, le corps alerte directement là où l’esprit cherche à rationaliser,” précise l’expert.

Comment briser ce cycle négatif ?

Pour sortir de ce schéma, plusieurs recommandations sont proposées par l’expert :

  • Exprimez vos ressentis : Mettre des mots sur vos émotions permet de rétablir une forme de contrôle. Ce que vous vivez n’est pas anodin, mais un indicateur de votre état.
  • Réévaluez votre environnement professionnel : « Qu’est-ce qui cloche ? Est-ce votre rôle, l’ambiance générale ou un déséquilibre dans votre vie ? Un simple ajustement ou un dialogue pourrait transformer votre expérience, » suggère l’expert.
  • Redécouvrez le sens de votre travail : Interrogez-vous sur les raisons qui vous ont poussé vers ce métier. La reconnexion à votre motivation initiale pourrait raviver un élan inspirant ou vous orienter vers un changement.
  • Consultez un professionnel : Un thérapeute peut aider à déceler les récurrences émotionnelles, telles que la peur de l’échec ou des loyautés familiales. Ce que vous ressentez le lundi matin peut avoir des racines plus anciennes.
  • Changez de perspective : “Et si ce sentiment de saturation face au lundi était un catalyseur de changement ? Un guide intérieur pour réévaluer ce que vous vivez et envisager d’autres possibilités ?”, insiste le psychanalyste.

Pour Richomme, le lundi matin ne devrait pas être considéré comme une épreuve : “Si chaque semaine débute comme un obstacle à surmonter, il est peut-être temps de se réécouter. (…) Le véritable courage n’est pas de maintenir le cap, mais de reconnaître ce qui ne nous convient plus. Parfois, cette première étape débute… un lundi matin.”

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