Le bonheur que nous recherchons au quotidien peut souvent se cacher là où nous ne l’attendons pas. De nombreuses recherches consacrées à cette thématique révèlent des similitudes parmi les personnes épanouies. Un cercle social solide, une activité physique régulière, la gratitude, l’équilibre émotionnel et des passions diverses sont autant d’éléments qui participent à notre bien-être. Beaucoup de nos choix quotidiens sont motivés par le plaisir qu’ils engendrent.
Une étude récente, publiée en avril 2024 dans la revue Motivation and Emotion, corrobore ce constat : les individus les plus heureux sont ceux qui s’investissent pleinement dans des expériences plaisantes. Cependant, à notre grande surprise, certaines tâches moins agréables pourraient également contribuer à notre bonheur.
Les passions comme moteur du bonheur
Pour mieux comprendre la vie quotidienne des personnes heureuses, Robert J. Vallerand, Jean-Michel Robichaud, Sonia Rahimi et Jocelyn J. Bélanger ont consacré plusieurs années à mener cinq expériences à travers les États-Unis et le Canada. D’après PsyPost, la première étude a interrogé 409 jeunes adultes sur leur passion pour quatre grandes dimensions de leur vie : leurs études, leurs loisirs, leurs relations amoureuses et leurs amitiés. Leur bien-être psychologique a ensuite été évalué à l’aide de trois échelles : l’épanouissement personnel, la satisfaction de vie et le sens de l’existence.
Sans surprise, les résultats ont montré que ceux affichant un bien-être psychologique élevé exprimaient une passion pour ces quatre domaines de leur vie. Cela indique que les personnes les plus heureuses s’investissent avec passion dans plusieurs sphères de leur existence, de manière équilibrée et harmonieuse.
L’autorégulation face aux activités moins plaisantes
Dans une seconde étude réalisée par les chercheurs, 516 jeunes adultes ont rempli les mêmes questionnaires que lors de la première, ainsi que des évaluations supplémentaires sur leur autorégulation, c’est-à-dire leur aptitude à s’encourager pour des tâches moins agréables, comme les corvées ménagères ou les devoirs. Étonnamment, les résultats ont révélé que les individus les plus heureux ne sont pas forcément passionnés par tout. Ceux ayant le meilleur épanouissement abordaient ces tâches avec une plus grande capacité d’autorégulation, c’est-à-dire par choix et responsabilité personnelle.
La troisième étude impliquait 251 participants qui ont suivi le déroulement d’une journée typique composée d’activités agréables et moins plaisantes, avant de faire le bilan de leurs émotions et de leur bien-être général. Les résultats ont montré que, bien que leur impact soit moindre que celui des activités plaisantes, un niveau élevé d’autorégulation lors de l’accomplissement de tâches ménagères était lié à des émotions plus positives. Cela suggère que s’attaquer à des tâches moins agréables au quotidien peut contribuer à notre bien-être, même si cet effet est moins prononcé que celui des activités passionnantes. « Cette recherche marque une avancée dans l’intégration des dimensions de la passion, de l’autorégulation et des émotions, enrichissant notre compréhension de la façon dont l’engagement dans les différentes activités de la vie influence notre bien-être psychologique », concluent les auteurs de l’étude.

