Enquête Alarmante : État de la Santé Mentale au Travail en Détérioration

En 2025, près de 90 % des employés sollicitaient un renforcement de la protection de leur santé mentale de la part de leur entreprise. C’est ce que révèle la Grande enquête sur la santé mentale au travail, réalisée par l’Ifop en collaboration avec Moka.Care, le BCG et le GHU Paris psychiatrie & neurosciences. Toutefois, malgré ces revendications, la situation semble avoir stagné depuis l’année précédente.

Le 24 mars, les résultats de la Grande enquête de 2026 ont été révélés. Ce sondage, mené du 9 au 20 janvier 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 2000 travailleurs français, met en évidence un mal-être persistant au sein de la population active.

L’inquiétante prévalence du burn-out

Les données de 2026 n’indiquent pas de progrès significatif concernant la santé mentale des employés français, mais elles présentent tout de même une lueur d’espoir. En effet, 74 % des salariés se déclarent satisfaits de leur bien-être mental, soit une augmentation de 4 points par rapport à 2025. Néanmoins, le tableau reste préoccupant. Les résultats montrent que 70 % des travailleurs ont déjà éprouvé un trouble de santé mentale lié à leur activité professionnelle. Cela inclut des problèmes tels que l’anxiété, un stress constant, des épisodes dépressifs, de la fatigue chronique, des troubles alimentaires ainsi que des difficultés de sommeil ou de concentration. Alarmant, 8 % des salariés ont avoué avoir eu des pensées suicidaires.

De plus, l’étude révèle qu’environ un quart des employés a été confronté à un burn-out au cours des cinq dernières années. Ce chiffre, selon la psychologue Claire Petin, nécessite d’être nuancé : seulement 62 % des personnes concernées ont consulté un professionnel de la santé. Cela indique que « une part significative de ce chiffre repose sur une identification personnelle sans diagnostic formel », comme elle l’a partagé sur son compte Instagram. Elle ajoute que cela ne diminue en rien la légitimité des expériences vécues par ces salariés.

Des stéréotypes tenaces

En parallèle des fragilités psychologiques persistantes, l’enquête souligne la dégradation de l’image des troubles mentaux et de leur prise en charge. Ainsi, 32 % des employés estiment que les troubles de santé mentale sont synonymes de faiblesse, un chiffre en augmentation de 10 points par rapport à l’année précédente. Près de la moitié des salariés considèrent que les personnes souffrant de problèmes psychiques ou de maladies mentales entraînent inévitablement des complications au travail.

Un autre constat préoccupant révèle que 29 % des salariés croient que consulter un psychologue est un signe d’échec. Ce stéréotype pourrait expliquer en partie l’angoisse associée au burn-out, qui n’est pas systématiquement référencé comme un diagnostic. En dehors de l’absence de reconnaissance formelle, cette perception peut limiter la volonté de consulter un professionnel dès qu’une difficulté psychologique survient. Ainsi, au-delà d’un simple état des lieux, cette étude met en avant le long chemin à parcourir pour améliorer la santé mentale en milieu professionnel.

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