Imaginez que votre partenaire vous quitte sans avertissement. Quelle serait votre réaction ? De même, que feriez-vous si vous découvriez une trahison amoureuse ? Il est probable que votre réponse serait influencée par votre engagement émotionnel, votre vision de cette relation et votre conception du couple. Toutefois, votre tempérament peut aussi jouer un rôle majeur dans votre réaction.
Une étude récente parue dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health menée par Avi Besser et Virgil Zeigler-Hill s’intéresse à la manière dont certains traits de caractère pourraient prédire vos réactions face à une infidélité potentielle.
L’ego et ses effets sur l’infidélité
La question se pose : un ego fragile conduit-il à des cœurs brisés ? C’est ce qui a poussé les chercheurs à se pencher sur certains traits de personnalité liés à l’ego. Ils ont ainsi étudié le narcissisme et les traits de personnalité borderline. « Nous souhaitions analyser comment ces traits influencent les réactions face à une infidélité, car ils ont un impact considérable sur les interactions humaines », souligne Avi Besser à PsyPost.
Les chercheurs ont identifié quatre types de narcissisme : le narcissisme extraverti, qui se manifeste par l’affirmation de soi, le narcissisme antagoniste, qui se traduit par une attitude défensive et de l’hostilité, le narcissisme névrotique, lié à des émotions dysphoriques, et le narcissisme communautaire, qui montre une volonté d’apparaître supérieur en exagérant des traits communautaires comme la serviabilité. Concernant la personnalité borderline, les traits observés incluent une instabilité émotionnelle et une peur marquée de l’abandon.
Réactions émotionnelles selon le profil de personnalité
Pour valider leur hypothèse, les chercheurs ont impliqué 997 participants âgés de 20 à 60 ans. Ces derniers ont complété des questionnaires visant à évaluer leurs niveaux de narcissisme et leurs caractéristiques de personnalité borderline. Ensuite, ils ont été exposés à deux scénarios hypothétiques d’infidélité. Le premier, dit « à haut risque », les plaçait dans une situation où, rentrant plus tôt, ils découvraient leur partenaire en train de tromper. L’autre, « à faible risque », les plaçait dans une situation où, après avoir entendu du bruit, ils découvraient une scène d’intimité à la télévision tandis que leur partenaire était occupé dans une autre pièce. À l’issue des deux scénarios, les participants ont été interrogés sur leurs émotions anticipées et sur leur évaluation de la relation dans le cas où cette situation se concrétiserait.
Les résultats montrent que ceux qui présentent un narcissisme névrotique ressentaient les réactions négatives les plus marquées, surtout dans le scénario à haut risque. Les participants avec des traits de narcissisme antagoniste ou communautaire réagissaient négativement principalement lors de situations à faible menace. En revanche, le narcissisme extraverti n’a pas démontré d’impact significatif sur les réactions émotionnelles ou les évaluations relationnelles dans les deux scénarios. Enfin, les individus ayant des traits de personnalité borderline ont montré des réactions émotionnelles vives tant dans les scénarios à haut risque qu’à faible risque, ces dernières étant particulièrement intenses dans les situations moins menaçantes. Cela laisse entendre que ces individus interprètent même des signaux faibles d’infidélité comme des menaces sérieuses.

