Isabelle Adjani : Trouble réel ou prétexte ? La polémique de la fraude fiscale décryptée par les psys

« Je n’ai jamais rempli ma déclaration de revenus. » Le 1er avril, Isabelle Adjani a été appelée à s’expliquer sur ses affaires fiscales devant un tribunal. Déjà condamnée en 2023 à deux ans de prison avec sursis et à une amende de 250 000 euros pour avoir prétendument établi son domicile au Portugal et masqué une donation sous forme de prêt, l’icône du cinéma français de 70 ans a comparu devant les juges. Présente cette fois-ci, contrairement au premier procès, elle a tenté de faire valoir sa défense lors de l’audience en appel, où elle a eu l’occasion de clarifier sa situation.

Au cours des délibérations, Isabelle Adjani a nié les accusations qui la qualifiaient de « voleuse du siècle ». « J’ai confié la gestion de mes actifs à des professionnels, car je fais confiance à leur compétence », a-t-elle déclaré à la barre, selon des informations rapportées par l’AFP. Elle a également partagé son désintérêt pour les questions fiscales, attribué à une « phobie des papiers ». 

La peur de l’administratif : un phénomène répandu

« Pour être franche, je n’ai jamais préparé ma déclaration fiscale. Et heureusement, car cela aurait pu être catastrophique (…) J’ai une aversion pour la paperasse », a-t-elle ajouté. En mettant en cause son ancien partenaire pour escroquerie, l’actrice conteste également l’expertise de son conseiller fiscal. Ce procès met en lumière une problématique que beaucoup de Français semblent rencontrer : la peur de l’administratif. Des personnalités comme Thomas Thévenoud, ex-secrétaire d’État au Commerce extérieur, ou Jérôme Cahuzac, ex-ministre délégué au Budget, avaient déjà évoqué cette crainte lors de leurs propres problèmes avec l’administration fiscale. 

Cette phobie se manifeste par une fermeté irrationnelle envers les tâches administratives. Bien plus qu’une simple angoisse provoquée par un objet ou une situation, il s’agit d’une réponse disproportionnée générant un stress intense. Pour ceux qui souffrent de ce type de phobie, la moindre formalité à accomplir devient une source d’anxiété, au point de souvent éviter ces obligations, voire de ne jamais les remplir.

« Ça n’existe pas »

Selon des statistiques rapportées par France info, un tiers des Français se disent concernés par la phobie administrative, avec un jeune sur deux parmi les 18-34 ans. Cette peur aurait des répercussions tant sur le plan personnel que professionnel, d’après Eudes Séméria, psychologue et clinicien, qui associe souvent cette angoisse à une « immaturité liée à l’éducation ». Il observe que cela pourrait concerner des individus qui ont été trop protégés par leurs parents, qui prenaient en charge toutes les démarches à leur place. 

En revanche, le psychiatre Christophe André affiche un avis plus tranché. « Ça n’existe pas », déclare-t-il avec fermeté. « En tant que spécialiste des phobies, je n’ai jamais rencontré la moindre phobie qui se rapproche de cela. Certes, il pourrait s’agir d’un excès de narcissisme, une conviction d’être au-dessus des lois, ou bien une incapacité réelle », a-t-il expliqué à France Info en évoquant le cas de Thomas Thévenoud. 

Pour Stéphany Orain-Pelissolo, psychologue clinicienne, ces comportements liés à la fiscalité peuvent rappeler une « phobie de l’argent ». « Cela englobe la peur de tout ce qui se rapporte à l’argent, notamment la crainte de manquer. À ce sujet, le fait de régler une dépense devient synonyme de risque de pénurie. Ces personnes, conscientes des impacts négatifs de leurs choix, intensifient leur anxiété, ce qui les pousse encore plus à éviter d’affronter la réalité », précisait-elle à Europe 1. Reste à savoir si Isabelle Adjani éprouve réellement cette peur spécifique ou pas.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *