En période de conflit, nos émotions prennent souvent le dessus. Une pensée en appelle une autre, le ton s’échauffe, et les sentiments s’exacerbent, parfois au détriment de notre discours. Toutefois, peut-on vraiment parler de dispute quand l’un des partenaires choisit de garder le silence ?
Il se peut qu’un désaccord implique principalement une personne désirant s’exprimer. Néanmoins, pour qu’un échange ait réellement une valeur, la communication doit être bilatérale. Ne pas parler durant un conflit ne traduit pas toujours un désintérêt pour la discussion, ni même un accord implicite. Divers facteurs peuvent amener une personne à devenir muette lors d’une conversation tendue.
1. La peur
« De nombreuses personnes craignent de partager leurs sentiments par peur du rejet ou de l’abandon. Elles pensent qu’en restant silencieuses, elles protègent leurs liens, même si cela nuit à leur bien-être », souligne la psychologue Lara Ferreiro dans un article pour Hola!. Ce comportement peut souvent provenir d’un passé marqué par des conflits dans l’enfance. Dans un foyer où prévaut la violence verbale, l’agressivité et les séparations, le silence peut s’avérer une forme de protection.
« Si le silence peut sembler délibéré et hostile, il est fréquemment adopté par des individus qui se sentent vulnérables ou qui manquent de confiance en eux », affirme Marni Feuerman, psychothérapeute, dans un entretien pour VeryWell Mind. Bien que cela puisse frustrer le partenaire qui cherche à communiquer, il est essentiel de reconnaître qu’il pourrait s’agir d’un mécanisme de défense.
2. Un débordement émotionnel
« Le retrait n’est ni voulu ni calculé, mais plutôt une réponse à une sensation d’accablement », rappelle Guy Winch, psychologue, pour Psychology Today. Cela crée une grande frustration pour le partenaire désireux d’échanger, qui se sent alors bloqué et contrarié. Il tente de faire parler l’autre, mais son intervention ne fait qu’amplifier le mutisme. Parfois, ce silence est choisi pour ne pas envenimer la situation, mais il peut aussi être la seule réaction possible face à une tempête émotionnelle. Colère, frustration, culpabilité ou honte peuvent surgir et affecter la communication, chaque individu possédant des capacités émotionnelles et communicatives distinctes.
Si l’idée de vous engager dans une dispute provoque chez vous de l’anxiété et des larmes, une régulation émotionnelle déficiente peut nuire à votre capacité de dialogue pendant un différend, selon Mark Travers, psychologue, pour Forbes.
Dans ce contexte, le silence devient un moyen d’éviter d’aggraver l’angoisse ressentie. « L’intensité des émotions peut compromettre notre raisonnement, nous rendant incapables de formuler des arguments clairs », précise l’expert.
3. La manipulation
Si le mutisme peut être un mécanisme de protection, il peut également revêtir un caractère hostile dans certains contextes. « Certaines personnes adoptent le silence comme une tactique passive-agressive pour se venger ou punir leur partenaire lors d’un conflit. En se retirant et en feignant de ne pas vouloir dialoguer, elles cherchent à faire passer leur désastres et à manipuler le contexte à leur avantage », explique Mark Travers.
Ignorer une personne en pleine tentative de communication peut constituer une forme de manipulation. En cessant d’échanger, l’individu en question intensifie les émotions de l’autre, l’amenant à éprouver frustration, culpabilité ou incertitude, et le pousse à se radoucir pour rétablir le contact.

