Delphine Jubillar, une infirmière de 33 ans, a mystérieusement disparu durant la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines (Tarn), en plein couvre-feu lié à la pandémie. Son corps n’a jamais été retrouvé. En juin 2021, son époux, Cédric, a été mis en examen pour “meurtre aggravé” et a été placé en détention provisoire, tout en niant toute implication dans cette affaire.
Le procès débute ce lundi devant la cour d’assises du Tarn et devrait s’étendre sur près de quatre semaines, jusqu’au 17 octobre. Cédric Jubillar risque une peine de réclusion criminelle à perpétuité. Un dispositif exceptionnel a été mis en place pour cet événement juridique : 65 témoins, 11 experts et plus de 300 journalistes sont attendus pour suivre ce dossier complexe, qui compte 27 tomes et plus de 15 000 pages. La personnalité de l’accusé sera particulièrement scrutée lors de la première journée d’audience, le 22 septembre, d’après des sources de France Info.
Des caractéristiques psychologiques révélatrices
Face à la cour, l’accusé a réaffirmé : « Je conteste toujours les accusations portées contre moi. » Au cours de l’instruction, les psychiatres ayant évalué Cédric Jubillar ont noté une « indifférence apparente » à la situation de sa femme. Ils ont mis en lumière une « froideur émotionnelle, » signalant qu’il semblait « peu affecté » par la disparition de son épouse et demeurait détaché durant les recherches.
Les analyses menées à la maison d’arrêt de Seysses entre 2021 et 2022, rapportées par La Dépêche du Midi, ont également décrit Cédric Jubillar comme « égocentrique » et « arrogant ». Les experts ont constaté qu’il « s’exprimait avec assurance » et semblait « avoir réponse à tout ».
Cependant, ces mêmes rapports n’ont révélé aucune pathologie psychiatrique ou trouble de l’humeur, ce qui pourrait indiquer qu’il est pleinement responsable de ses actes.
Un comportement controversé
Selon des proches cités dans l’enquête, Cédric se serait souvent montré provocateur, n’hésitant pas à faire des blagues, comme lorsqu’il disait : « Tu sais bien que c’est moi ». De nombreux témoins l’ont décrit comme un « menteur » et « jaloux ».
Pourtant, d’autres le décrivent comme un individu « blagueur » et « sociable ». Cette dualité dans sa personnalité soulève des interrogations, surtout à la lumière de son apparente indifférence face à la disparition de Delphine, rapportée par plusieurs témoins.
Une enfance troublée et un lien fort avec sa mère
Les expertises psychiatriques mentionnées par La Dépêche du Midi soulignent l’impact de l’histoire familiale de Cédric Jubillar sur sa personnalité. Placé dans différentes familles d’accueil dès l’âge de deux ans et demi à cause des problèmes de sa mère, Nadine, il n’a rencontré son père biologique qu’à l’âge de 14 ans, une rencontre unique.
Ces expériences précoces pourraient avoir engendré un sentiment d’abandon et des « carences affectives, » le poussant à construire une « carapace » pour se protéger.
Le lien avec sa mère est perçu comme crucial. Un expert psychiatre a évoqué « l’amour inconditionnel » de sa mère et son absence de sanctions durant son enfance, ce qui pourrait expliquer son ego prépondérant, son sentiment de toute-puissance ainsi qu’une certaine rigidité psychologique.
Enfin, si Cédric devait être reconnu coupable, l’expert considère qu’il aurait pu agir « dans un moment de colère projective, » refusant d’accepter l’échec de son mariage.
Note de la rédaction
Les informations présentées proviennent d’extraits d’expertises psychiatriques récemment divulguées. Elles n’offrent pas un diagnostic complet et doivent être interprétées avec prudence, le procès étant en cours. Cédric Jubillar bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à une condamnation définitive.

