Fatigue, anxiété, troubles du sommeil, dépression… Les rapports se multiplient et convergent : les Français expriment de vives inquiétudes. Chaque année, près d’un adulte sur cinq est affecté par un trouble psychologique. Ce climat politique tendu, la crise environnementale et la pandémie mondiale ont intensément marqué nos vies quotidiennes, poussant notre moral à ses limites. Heureusement, on assiste à une libération de la parole sur la santé mentale, désormais indispensable. Dans ce contexte, Arte a lancé une ambitieuse enquête sociologique pour explorer la condition psychologique des Français.
Le sondage intitulé Mental Combat, en lien avec le festival international des idées de demain, a attiré plus de 13 000 participants. Ce projet n’est qu’à ses débuts et il est encore possible de contribuer ! L’ambition est de cerner les enjeux actuels et d’envisager l’avenir avec plus de sérénité.
19 % des Français s’inquiètent pour leur vie amoureuse
Les répondants sont invités à réfléchir à la question : « Comment ça va vraiment ? ». Cette interrogative simple (mais tellement révélatrice pour les psychologues) permet de cerner l’état d’esprit général. Les résultats montrent que 9 % des participants se sentent « à bout », alors que 5 % affirment vivre leur « meilleure vie ». Ce bilan, loin d’être homogène, continue à se dessiner au fur et à mesure de l’étude. Concernant la déclaration “Ce qui me préoccupe le plus en ce moment” :
- 11 % s’inquiètent de leur situation financière ;
- 12 % sont vulnérables face à leur emploi ;
- 14 % se préoccupent de leur santé ;
- 19 % se montrent inquiets concernant leur vie amoureuse.
Au-delà de ces aspects, 23 % des Français craignent pour leur avenir, révélateur d’une difficulté à se projeter. Par ailleurs, lorsqu’ils ne vont pas bien, 40 % discutent de leurs troubles avec leur partenaire, 57 % préfèrent en parler à des amis, 32 % se confient à leur psychologue, et seulement 20 % échangent leurs soucis avec leurs parents.
7 préoccupations fréquentes sur l’amour
L’amour, bien qu’il ne garantisse pas le bonheur, contribue grandement à notre bien-être. En jouant sur nos désirs, notre inconscient peut parfois créer des confusions et entraver les relations. Les préoccupations amoureuses sont diverses, allant de la peur d’être abandonné, de la trahison, à l’angoisse de la solitude ou de l’engagement. « En amour, plus nous avons d’attentes, plus nos peurs sont grandes », souligne Vincent Estellon, expert en psychopathologie clinique à l’université Paul-Valéry de Montpellier et auteur d’ouvrages comme Sex-Addicts et États limites (PUF, « Que sais-je ? »). Dans le couple, notre partenaire représente souvent un objet de complémentarité. Inconsciemment, nous attendons de lui qu’il nous comprenne, qu’il lise nos pensées, qu’il nous procure du réconfort, ou qu’il atténue nos craintes.
Ces peurs peuvent être oppressantes ou paralysantes, et leur influence dépend souvent de notre degré d’insécurité. Sans tomber dans un schéma d’attachement excessif, nous faisons face à des inquiétudes communes dans une relation amoureuse, identifiées par le psychiatre et psychanalyste Robert Neuburger :
- La rencontre : “Dois-je l’appeler ? Souhaite-t-elle une seconde rencontre ?”, “Pourquoi ne m’a-t-il pas rappelé ? Ai-je dit quelque chose qui lui a déplu ?”
- La première nuit : “Aurai-je honte de me dévoiler ?”, “Suis-je à la hauteur de ses attentes ?”
- La relation en elle-même : “Recherche-t-elle une vraie relation ou juste une aventure ?”, “M’aime-t-il véritablement ?”
- La vie commune : “Vais-je pouvoir supporter son désordre ?”, “Est-il aussi couche-tard qu’il le dit ?”
- Les valeurs partagées : “Comment peut-il être si imprudent ?”, “Pourquoi a-t-il cette opinion politique ?”, “Comment accepte-t-elle ce travail ?”
- L’engagement : “Ne devrions-nous pas envisager d’acheter un appartement, avec éventuellement une chambre supplémentaire ?”, “Nous sommes si bien ainsi, pourquoi changer ?”
- Le couple à long terme : “Mon enfant réussira-t-il son examen ? Et mon mari ? Il semble aller bien.”, “Vraiment, vous trouvez que ma femme a changé ?”
Il est crucial de distinguer ces peurs qualifiées de « saines » d’une dépendance affective ou de doutes plus graves, qui peuvent avoir un impact néfaste sur nos choix relationnels.

