La peur de l’échec, le manque d’inspiration, ou encore une surcharge émotionnelle… Lorsqu’il s’agit de se lancer dans une tâche, qu’elle soit imposée ou auto-imposée, plusieurs facteurs peuvent nous inciter à retarder l’échéance. Cela peut mener à une situation où il devient impossible de reculer ou, tout simplement, à l’abandon de la mission. Ce phénomène, la procrastination, trouve souvent des racines profondes.
Qu’est-ce qui nous empêche d’agir, même lorsque cela est crucial pour nos objectifs personnels ou pour notre bien-être ? Qu’il s’agisse de démarches administratives, d’un projet au travail ou d’un loisir à explorer, diverses stratégies peuvent aider à mettre fin à ce cycle de remise à demain.
Les origines de la procrastination
À première vue, on pourrait penser que la tendance à remettre des tâches à plus tard est simplement due à une forme de paresse. Cependant, ce phénomène s’explique souvent par des raisons bien plus complexes qu’un simple manque d’effort. Par exemple, des troubles tels que la dépression et l’anxiété peuvent influencer notre capacité à agir. Selon Alice Boyes, auteure et ancienne psychologue clinicienne, « les personnes déprimées tendent à procrastiner sur des tâches d’une grande variété, qu’elles soient perçues comme simples ou compliquées, plaisantes ou ennuyeuses » dans un article sur Psychology Today. Les ruminations mentales peuvent ainsi saper la confiance des individus, leur faisant penser qu’ils ne peuvent pas être des amis ou des collègues fiables. Quant à l’anxiété, elle se manifeste souvent par la tendance à retarder les actions lorsque celles-ci suscitent des émotions négatives. La peur de l’échec et le besoin de performance alimentent parfois un perfectionnisme qui rend la tâche encore plus intimidante.
De plus, le trouble du déficit de l’attention peut également être un facteur de procrastination. Kendra Cherry, experte en réhabilitation psychosociale, précise que « les distractions, qu’elles soient externes ou internes, peuvent rendre difficile le démarrage d’une activité, surtout si celle-ci est perçue comme ardue ou peu stimulante » dans un article pour Very Well Mind.
Cinq stratégies pour surmonter la procrastination
Nawal Mustafa, doctorante en neuropsychologie cognitive, soutient que « la procrastination provient souvent de notre incapacité à gérer les émotions négatives associées à l’achèvement de la tâche, telles que l’ennui, l’anxiété, ou le sentiment d’être accablé ». Une excellente façon de lutter contre la procrastination consiste à identifier les émotions qui poussent à retarder une tâche et à s’efforcer de les gérer efficacement.
Dans une de ses vidéos, l’experte propose cinq méthodes pour aider chacun à dépasser la procrastination, adaptées aux diverses émotions ressenties :
- Si vous vous sentez accablé, décomposez la tâche en morceaux plus petits et abordables. Concentrez-vous sur un élément à la fois, plutôt que d’être submergé par la vue d’ensemble qui peut sembler écrasante.
- Si la tâche vous semble ennuyante, appliquez la règle des dix minutes. Réglez un minuteur et consacrez-vous à la tâche pendant dix minutes. Si cela devient insupportable, vous pouvez faire une pause. Mais souvent, une fois que vous commencez, vous avez plus de chances de continuer.
- Si vous craignez l’échec, concentrez-vous sur l’élaboration d’un « brouillon » au lieu de rechercher la perfection immédiate. Viser le progrès plutôt que l’idéal vous aidera à avancer.
- Si vous manquez d’inspiration, réfléchissez à la valeur de cette tâche par rapport à vos objectifs personnels et vos valeurs. Prendre du recul peut lui redonner son sens et raviver votre motivation.
- Si vous ressentez des doutes, redéfinissez vos objectifs et élaborez un plan d’action étape par étape. Une feuille de route claire peut renforcer votre confiance en vous.

