Pourquoi il est essentiel de ne pas pardonner à ceux qui vous ont blessé

Il existe de nombreuses façons de blesser autrui, tout comme il existe une multitude de raisons pour le faire. Certaines personnes, avec une empathie limitée, ne se soucient pas de la douleur qu’elles causent. D’autres, pourtant, peuvent vouloir intentionnellement nous nuire. Mais qu’en est-il des comportements involontaires ?

Parmi ceux qui nous entourent, que ce soit des amis proches ou des inconnus, certaines personnes peuvent nous blesser sans intention. Que ce soit par maladresse, manque de confiance en soi, passé douloureux, impulsivité ou difficultés à communiquer, il est souvent possible d’y trouver des explications. Cela nous amène à nous demander si nous devrions leur accorder notre pardon.

Comprendre sans pardonner

Après avoir vécu une expérience douloureuse, il est commun d’entendre qu’il est bénéfique de pardonner. Que la personne responsable ait reconnu ses erreurs et présenté ses excuses ou non, le pardon est souvent mis en avant comme une solution pour aller de l’avant. Toutefois, est-ce vraiment la seule issue ? Selon la psychothérapeute Sara Kuburic, il est essentiel de distinguer compréhension et pardon.

Elle déclare : « Vous pouvez saisir les raisons pour lesquelles un individu vous a blessé, que ce soit à cause de ses propres luttes ou d’un schéma répétitif, sans pour autant lui offrir une seconde chance. » Comprendre le comportement d’une personne ne signifie pas nécessairement devoir la pardonner. « Vous avez le droit d’accepter des excuses tout en préservant vos limites personnelles », conclut-elle.

Est-il toujours possible de pardonner ?

Joanna North, philosophe, évoque dans son ouvrage Wrongdoing and Forgiveness que le pardon nécessite avant tout que l’auteur de l’infraction reconnaisse sa responsabilité, et qu’il implique, en outre, un effort de la part de la victime pour s’améliorer vis-à-vis de ce qu’elle a subi. Mais est-ce que cet effort en vaut toujours la peine ?

Pardonner peut permettre de libérer de l’espace mental en chassant le ressentiment, la colère ou la frustration. Cependant, se sentir contraint de pardonner peut aussi causer plus de souffrance que de bénéfice. « Se croire dans l’obligation de pardonner quand une émotion intense est gravée en mémoire peut nous conduire sur une voie périlleuse. Si nous réalisons ne pas pouvoir pardonner sincèrement, nous risquons de ressentir culpabilité et honte, ce qui peut intensifier notre désespoir », précise la chercheuse Mariana Bockarova dans Psychology Today. Si le pardon a le potentiel d’être une démarche saine et bénéfique pour notre bien-être, il peut parfois s’avérer plus utile de ne pas pardonner, mais plutôt d’apprendre de cette expérience pour mieux avancer.

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