La France a un besoin urgent d’accès à la thérapie, selon Sara Brooks de BetterHelp

En France, aborder la question de la santé mentale demeure un sujet sensible. Une étude réalisée par BetterHelp avec Dynata, un institut d’enquête international indépendant, révèle que 84 % des participants ont connu au moins un symptôme dépressif au cours des deux dernières semaines, tandis que 80 % rapportent des signes d’anxiété. Cependant, 46 % de ces personnes perçoivent encore la thérapie comme un signe d’incapacité à gérer leurs propres problèmes. C’est dans ce cadre que BetterHelp, qui a été fondée en 2013 et compte plus de cinq millions d’utilisateurs à travers le globe, a décidé de se lancer sur le marché français. Cette arrivée a suscité des réactions diverses. Sara Brooks, Directrice du développement chez BetterHelp, s’est déplacée à Paris pour en discuter.

BetterHelp : une solution adaptable et complémentaire

BetterHelp se positionne comme une alternative complémentaire (et non concurrente) à la thérapie traditionnelle, et cela se fonde sur des statistiques révélatrices. 76 % des Français estiment judicieux de solliciter de l’aide, mais 64 % se sentent découragés par les normes sociétales. Un obstacle financier semble également prévaloir, surtout chez les jeunes : 58 % de la génération Z et 61 % des Millennials identifient leur situation économique comme le principal frein à la consultation. “Il y a un besoin évident de soutien en matière de santé mentale en France, peut-être plus qu’ailleurs. De nombreux obstacles rendent cet accès difficile. C’est précisément pour cela que nous sommes là”, souligne Sara Brooks.

La plateforme se présente ainsi comme une passerelle vers le soin psychologique, en particulier pour ceux qui n’ont jamais osé franchir le cap. “Quatre personnes sur dix découvrent la thérapie grâce à nous”, précise-t-elle. La flexibilité est essentielle dans ce modèle : les consultations se déroulent depuis chez soi, éliminant les attentes et les regards extérieurs, ce qui facilite l’accès par rapport aux méthodes traditionnelles. “Pour beaucoup, la possibilité de se retrouver dans le confort de leur domicile, sans se soucier des rencontres imprévues, est primordiale”, insiste l’experte.

Une sélection rigoureuse des thérapeutes

Un des reproches fréquents adressés aux plateformes de thérapie en ligne touche à la qualification des praticiens. BetterHelp répond à cette inquiétude par un processus de sélection minutieux. Les professionnels présents sur notre plateforme sont des psychologues et psychothérapeutes diplômés, comptant au minimum trois années d’expérience avec des adultes. Tous disposent d’un numéro d’enregistrement RPPS émis par l’Agence régionale de santé”, explique Sara Brooks. Cette sélection implique des vérifications rigoureuses des diplômes, des références professionnelles et des études de cas avant toute intégration. Une fois sur la plateforme, les thérapeutes bénéficient d’un soutien continu à travers des interactions régulières.

De plus, Sara Brooks martèle que l’image d’une plateforme exploitant ses praticiens est fausse. “Les thérapeutes apprécient de travailler avec BetterHelp parce qu’ils se connectent à des personnes réellement désireuses de recevoir de l’aide. Ils trouvent également enrichissant de rencontrer des individus d’horizons divers.”

Protéger et soutenir les utilisateurs

Concernant la gestion des données, sujet sensible par le passé, Sara Brooks se veut rassurante : “Aucune donnée personnelle échangée entre le thérapeute et l’utilisateur n’est partagée avec des annonceurs ou à des fins commerciales.” Selon elle, la plateforme se conforme au RGPD et aux normes européennes, et les messages échangés entre praticiens et membres bénéficient d’un chiffrement de sécurité semblable à celui des institutions bancaires.

En ce qui concerne l’accompagnement, le système de mise en relation est présenté comme un atout majeur : 90 % des utilisateurs français sont orientés vers un thérapeute dans les 24 heures, en prenant en compte leurs besoins, préférences et disponibilités. Si la relation ne s’avère pas satisfaisante, il est possible de changer de thérapeute à tout moment, sans frais. “Seulement 14 % de nos utilisateurs cherchent à changer leur thérapeute durant le premier mois, ce qui témoigne de leur satisfaction”, indique Sara Brooks. En cas d’urgence, la plateforme dirige vers des ressources ou des professionnels appropriés, car BetterHelp reconnaît que la thérapie en ligne n’est pas adaptée à toutes les situations.

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