Éclipse du 12 août : L’impact surprenant sur votre perspective selon la psychologue Claire Petin

À l’approche de l’éclipse solaire, de nombreuses questions pratiques surgissent : où se rendre pour l’observer, à quelle heure sortir ou encore où se procurer de précieuses lunettes. Mais certains s’interrogent également sur des aspects plus profonds de cet événement astronomique. Quelle est la fréquence d’un tel phénomène ? Avec qui souhaitons-nous partager ce moment exceptionnel ? Aura-t-il un impact sur nous ou sur le monde qui nous entoure ? Il est fascinant de constater que cet événement pourrait inconsciemment nous inciter à reconsidérer notre environnement.

Se sentir insignifiant face à l’immensité

« Lorsqu’un phénomène aussi extraordinaire qu’une éclipse se produit, certaines personnes vivent ce que l’on appelle l’awe : une sensation qui mêle émerveillement et impression d’être confronté à quelque chose de bien plus grand », explique Claire Petin, psychologue clinicienne. Une éclipse solaire se produit lorsque la Lune s’interpose entre la Terre et le Soleil, occultant ce dernier pendant quelques minutes pour ceux sur le même axe. Cet événement est si exceptionnel qu’il peut nous donner le sentiment d’être petits face à sa grandeur.

Cette impression d’insignifiance par rapport à notre système solaire et à l’univers peut transformer notre perception de la réalité. « Ce genre d’expérience peut temporairement modifier notre place dans notre propre vécu, précise la psychologue. On évoque alors le concept de “small self” ou “petit soi” : durant quelques instants, nos préoccupations personnelles peuvent sembler moins importantes, car notre attention est captée par une réalité bien plus vaste. » Ainsi, la place que l’on s’accorde, l’échelle de nos problèmes et la mesure de notre existence peuvent être reconsidérées.

« Nos soucis peuvent prendre une autre dimension »

Il existe d’autres moments dans nos vies où l’on se sent petit, mais face à un phénomène astronomique tel qu’une éclipse solaire, ce ressenti peut être relativement plaisant. Se sentir réduit ne veut pas dire être insignifiant, en déclare Claire Petin. « Cela peut simplement signifier que, pendant un court instant, notre “moi” occupe un espace moindre », et cet aspect de la petitesse peut offrir un certain bien-être.

Nos préoccupations ne disparaissent pas, mais elles peuvent temporairement être perçues sous un autre angle. Ce qui nous semblait accablant quelques minutes plus tôt peut paraître moins pesant lorsqu’il est replacé dans une approche plus vaste.

Face à l’éclipse, nous ne sommes qu’un individu parmi des millions, admirant un phénomène qui nous transcende. Dacher Keltner, psychologue, souligne dans son ouvrage Awe, cité par la BBC, que l’émerveillement peut apaiser « la voix intérieure critique et soucieuse de notre statut social », nous permettant ainsi de « collaborer, d’ouvrir notre esprit aux merveilleuses réalités et de saisir les schémas profonds de la vie ».

Lorsque la beauté du spectacle attire notre regard et nous confronte à quelque chose de bien plus grand que nous, elle nous offre une opportunité de prendre du recul, d’échapper à nos préoccupations. « C’est peut-être l’un des bénéfices psychologiques d’une telle expérience : elle ne résout pas nos problèmes, mais elle nous aide à les envisager sous un angle différent, conclut Claire Petin. Une certaine distance, accompagnée d’une humilité face à cette grandeur, peut s’avérer apaisante. »

Source : entretien exclusif avec Claire Petin, psychologue clinicienne.

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